15/02/2018

RELATION PATIENT-MEDECIN

"Papa Hippocrate, que se passerait-il si l'amour des hommes n'était plus au cœur de la pratique médicale ?"

 

[Victor Larger, le médecin et le patient. Ethique d'une relation, Ed. L'Harmattan, coll. "Hippocrate et Platon", 2012]


Dans le cadre d'une conférence sur le thème de l'accompagnement en fin de vie (mourir dans la dignité) il avait été relevé la notion de patient-médecin de laquelle ressortait le thème de "paternalisme" face au patient.

Comment ne pas succomber à une valeur pareille et surtout comment s'imposer une limite ?

Qui dit "paternel" dit sentiment et un père n'est pas un vrai père sans sentiment, malgré la subtilité qu'on retrouve entre la dénomination de "papa" et de "père" tout comme de "maman" et de "mère".

Ce sentiment dit "paternel", existant entre le patient et le médecin, suscite avant tout chez le malade une émotion et un attachement particuliers face à son soignant mais aussi une demande inconsciente et prédominante de protection et d'apaisement.

 

Ce n'est que lorsque la souffrance physique et morale devient trop intense pour le malade, le plus souvent au seuil d'une issue fatale, que les choses commencent à se compliquer sérieusement pour le médecin :

Une trappe s'ouvre alors pour ce dernier alors que le patient lui, n'attend que son soulagement sans même plus se soucier de quelle serait la meilleure approche thérapeutique au regard de ses volontés. Il ne s'agit même plus à ce stade d'agrémenter un rapport de confiance, désormais acquis et archivé mais de subvenir en urgence au besoin du patient-demandeur.

Notons que le souhait ne correspond pas toujours au réel besoin thérapeutique à évaluer et à administrer. L'un attend peut-être une réponse par rapport à ses propres besoins et valeurs, loin de l'éthique médicale et l'autre oscille entre une décision thérapeutique efficace (non pas toujours souhaitée par le malade) et le fait de le seconder dans son choix différent.

Dans "le paternalisme médical : mythe ou réalité ? Aspects philosophiques et empiriques d'un phénomène persistant" (Médecine et hygiène, 2010) il est justement question du fait que de "protéger un patient en allant à l'encontre de ses souhaits n'est plus considéré comme paternel (...) mais comme paternaliste."

Ingratitude de la situation dans une problématique toujours à la page !

Si un certain bien-être physique et/ou une potentielle "réparation psychique" se conjoindraient en grande partie dans l'aspect psycho-affectif, comme le suggère à nouveau la médecine actuelle, quel serait l'intérêt de prendre des décisions "paternalistes" et non "paternelles" lorsque de toute façon il n'y a plus rien à faire ?

L'amour des hommes au cœur de la pratique médicale a dit un jour Papa Hippocrate, nommé Père de la Médecine...

 

Alexandra Spagnolo

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Commentaires

Magnifique texte c’est toujours un plaisir de te lire bravo pierrette

Écrit par : Pierrette | 17/02/2018

Magnifique texte c’est toujours un plaisir de te lire bravo pierrette

Écrit par : Pierrette | 17/02/2018

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